• Une vision de l'autogestion...



    L'autogestion, un antidote au parlementarisme


    par Daniel - groupe Gard-Vaucluse



    samedi 9 décembre 2006

    Si le mot "autogestion" n'est arrivé que
    tardivement dans notre vocabulaire, il recouvre pourtant une histoire
    riche et ancienne et représente un ensemble de pratiques populaires
    actuelles et d'horizons culturels bien différents.



    Le mot qui signifie littéralement "gestion par soi même" a surtout
    circulé dans les années 60. Il désigne des formes d'organisation,
    souvent à grande échelle, dont l'objectif est de permettre à des
    travailleurs, des usagers, des consommateurs, ou n'importe quel autre
    groupe social, de s'organiser eux-mêmes pour gérer directement
    :production, consommation, biens ou services en commun, habitat, luttes
    sociales...



    Des travailleurs redémarrent l'entreprise abandonnée par les patrons,
    des consommateurs se rassemblent et créent une coopérative de produits
    alimentaires, des citadins se regroupent et se mettent en relation
    directe avec un agriculteur, des parents créent une association pour
    ouvrir une crèche parentale ou une école associative, des habitants
    créent une association de quartier... L'autogestion trouve la place
    qu'on lui accorde.



    Il n'existe aucun modèle d'autogestion, ce qui est un signe de profond
    pluralisme. Mais ses caractéristiques sont de conjuguer démocratie
    directe, refus des rapports hiérarchiques, recherche de l'égalité
    économique et sociale, partage des savoirs et des responsabilités voire
    des biens, autonomie et transparence des décisions. L'autogestion est à
    la fois un outil d'organisation et une éthique, un but à atteindre et
    la méthode employée pour y parvenir.



    En partant de la Commune de Paris de 1871 où les Parisien-nes
    insurgé-es et assiégé-es s'approprient et organisent la vie quotidienne
    dans la capitale, en passant par les épisodes révolutionnaires et les
    insurrections populaires de divers pays dont l'Espagne et son
    formidable mouvement autogestionnaire de 1936 à 1939... en arrivant
    aujourd'hui aux entreprises sans patrons d'Argentine et d'ailleurs...
    les aspirations les plus profondes pour s'émanciper se sont souvent
    exprimées à travers des épisodes autogestionnaires.





    L'autogestion, comment ?



    L'autogestion, organisée sur un plan fédéral (communal, régional,par
    branche d'activités...) est une proposition d'organisation, où personne
    -homme ou femme, français ou non, salarié ou chômeur...- n'est écarté.
    Elle part d'une démarche simple qui est de rassembler des personnes
    concernées par un centre d'intérêt et qui souhaitent produire leurs
    modes de décision, contrôler leur expression, leurs revendications,
    sans récupérations. Elle n'empêche pas la délégation mais la contrôle
    strictement : rotation des fonctions, transparence et accès aux
    informations, contrôle de l'application des décisions, assemblées
    souveraines, refus de professionnaliser la fonction de représentant...



    Cette proposition autogestionnaire trouve déjà un écho concret et
    quotidien si l'on songe aux dizaines de milliers d'associations en
    France, aux centaines d'entreprises coopératives, aux systèmes
    d'échanges locaux (SEL), aux coopératives de consommateurs
    (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, coops
    bios...), aux comités de lutte (sans papiers, mouvements contre le
    CPE...)... Ces formes d'autogestion partielle sont autant
    d'affirmations de nos capacités et de nos désirs à décider nous mêmes,
    voire à gérer directement tout ou partie de la société.





    L'autogestion, pourquoi ?





    La démocratie parlementaire repose sur une prétendue égalité des droits
    qui fait bon ménage avec l'injustice sociale ; son fonctionnement
    repose sur une délégation des pouvoirs vers les élu-es. Nous n'avons
    aucun moyen de contrôler voire révoquer ces carriéristes de la
    politique qui défendent trop souvent des intérêts qui ne sont pas les
    nôtres (financements occultes, détournements de biens publics,
    privatisations des services publics, lois anti sociales, soumission à
    l'oligarchie capitaliste...). En démocratie parlementaire, il y a bien
    un clivage entre riche et pauvre, entre élu et électeur.



    Pendant que les trahisons, l'exploitation, l'injustice de classe, le
    racisme, l'expression brutale du Pouvoir... sont légitimées par ces
    élites, qu'elles soient politiques, patronales ou économiques,
    l'autogestion propose à tous un formidable antidote collectif qui peut
    permettre une émancipation de ces tutelles. La réapropriation de nos
    outils de travail, de notre cadre de vie, de nos méthodes de lutte
    collective, de nos modes de décision... sont un apprentissage quotidien
    vers l'autonomie et la liberté, contre le capital et les politiciens,
    qu'ils soient fascistes ou d'extrême gauche. Quand nous nous regroupons
    et que nous trouvons les moyens d'exprimer nous-mêmes l'injustice, les
    politicards ne servent plus à rien.



    Pour les anarchistes, l'autogestion généralisée, que nous qualifions de
    "libertaire" (c'est à dire associée aux valeurs d'égalité, d'entraide,
    d'émancipation politique et économique), est le plus sûr chemin vers la
    responsabilisation et l'intérêt collectif, la démocratie directe,
    l'abolition du patronat, à la recherche d'une cohésion sociale qui
    échappe aux règles capitalistes de la concurrence et aux lois
    autoritaires d'organismes pourtant censés nous représenter.



    Si nous appelons à s'abstenir aux élections, c'est parce que nous
    pensons que les systèmes de représentation parlementaire ne sont pas
    émancipés du capital, et pérennisent un système politique qui s'est
    délégitimé. Notre proposition alternative est une société d'égaux où
    chacun-e doit avoir le droit de s'associer aux autres, pour participer,
    décider, et mandater - autrement qu'avec un bulletin de vote, tous les
    cinq ans- des représentants qui doivent rendre compte devant leurs
    mandataires. Si nous nous abstenons, c'est que nous assumons nos
    responsabilités en appelant à ne pas se reposer sur le personnel
    politique ; c'est surtout pour appeler à construire quotidiennement
    l'autogestion, depuis nos lieux de travail jusque dans nos quartiers ou
    associations. C'est un plus sûr chemin vers la liberté que la
    dépendance aux politiciens offerte par la représentation parlementaire !





    Daniel - groupe Gard Vaucluse






     







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